Trèfle rouge en prairie
Comment maintenir le trèfle dans la prairie ?
C’est tout un art de conserver le trèfle — le rouge en particulier — longtemps dans une parcelle herbe-trèfle. Les résultats d’études récentes offrent des pistes pour y parvenir.
Intérêt pour les mélanges herbe–trèfle
Pour la saison d’herbe 2022, l’intérêt pour les mélanges herbe–trèfle est clairement en hausse. Les éleveurs veulent produire plus de protéines sur leurs propres terres, tandis que l’engrais minéral est cher. Le fait que les prairies de fauche associant herbe et trèfle rouge produisent démontrablement plus de matière sèche par hectare que l’herbe pure explique aussi cet engouement. Dans la pratique, toutefois, les éleveurs peinent souvent à maintenir suffisamment de trèfle sur plusieurs années. « Surtout le trèfle rouge, qui disparaît souvent en grande partie après deux ou trois ans. »
Conseils pour conserver le trèfle rouge dans l’herbe
L’an passé, nous avons mené une étude chez 25 éleveurs laitiers qui parviennent, eux, à maintenir le trèfle durablement dans le peuplement. Il en ressort plusieurs conclusions que nous partageons volontiers :
- Ne semez plus en octobre, mais à la fin de l’été.
- Au minimum 5 kg de trèfle rouge par hectare.
- Ne jamais faucher en dessous de 7 cm.
- Réaliser au moins 3 500 kg de MS à la première coupe.
- Limiter au strict minimum les passages sur la parcelle.
Adapter la fertilisation
La gestion de la fertilisation est déterminante. Ligne directrice : ne jamais apporter plus de 100 kg d’azote minéral par an. Pour le lisier, il n’y a pas vraiment de restrictions spécifiques au trèfle. Le trèfle a surtout besoin de phosphore et de potassium. Autre point important : utiliser plusieurs variétés de trèfle plutôt qu’une seule variété. Cela répartit les risques, notamment vis-à-vis du moment de récolte.
Tenir compte du type de sol
Deux enseignements majeurs ressortent d’un projet de recherche récemment achevé, dirigé par la responsable développement Suzan Nicolasen. Le premier : les éleveurs ont intérêt à choisir l’espèce de trèfle en fonction du type de sol. « Ainsi, le trèfle rouge convient moins aux sols à bonne disponibilité en azote. Tant que le pouvoir fournissant en azote reste en dessous de 150, le trèfle rouge s’en sort bien. » Cela ne signifie pas qu’on ne peut pas semer de trèfle sur des sols riches en azote : l’étude de Suzan Nicolasen montre que le trèfle hybride (rolklaver) y performe particulièrement bien. Son conseil : analyser d’abord le sol — y compris le pH — puis choisir le type de trèfle.
Un pourcentage de trèfle à 21 %
Le second enseignement concerne la part de trèfle dans le mélange. Le standard est de 13 %. Cela représente, pour 45 kg de semences par hectare, 6 kg de trèfle. Or, nos essais sur sols argileux et sableux montrent que des micro-parcelles avec 21 % de trèfle présentent non seulement visiblement plus de trèfles au champ, mais aussi de meilleurs rendements. La persistance et la teneur en protéines sont également supérieures avec 21 % de trèfle qu’avec 13 %. Ce taux de 21 % semble d’ailleurs optimal : des mélanges à 29 % de trèfle ont donné, au global, des résultats légèrement inférieurs.
Conseils de semis pour le trèfle
Vous allez bientôt semer un mélange herbe–trèfle ? Lisez d’abord nos recommandations de semis pour réussir votre culture de trèfle.