Raoul Frenken

La luzerne est une source idéale de structure riche en protéines

Une culture de plus en plus adaptée au climat néerlandais

Au domaine de Ten Vorsel à Bladel, la famille Geenen élève 130 vaches laitières et gère également une ferme de soins. La gestion quotidienne du troupeau est assurée par le responsable d’exploitation Raoul Frenken. Grâce à une superficie importante (85 hectares) et au statut particulier du domaine, l’exploitation applique un plan cultural dans lequel la luzerne joue un rôle spécifique.

L’allée bordée de hêtres qui mène à la ferme révèle immédiatement le caractère particulier du paysage environnant. À droite se trouve une parcelle surélevée de quatre hectares, tandis qu’à gauche les prairies descendent vers la rivière Aa. « Cette parcelle surélevée de 4 hectares convient parfaitement à la culture de la luzerne », explique Raoul. La luzerne n’apprécie pas les sols bas et humides, qui peuvent freiner le développement racinaire. « Les sols légers sableux ou argileux lui conviennent parfaitement. Les racines peuvent s’enfoncer profondément dans le sol pour aller chercher l’eau et les éléments nutritifs. »

Cette année marque la quatrième année consécutive de culture de luzerne sur cette parcelle. Les conditions météorologiques exceptionnelles font de 2026 une très bonne année culturale. La luzerne apprécie la chaleur et la sécheresse. « Nous avons déjà récolté quatre bonnes coupes et la cinquième sera réalisée en octobre », indique Raoul. Une culture réussie commence par une bonne stratégie de semis. Il recommande notamment un chaulage adéquat. « Un pH d’environ 6 est optimal. Cela favorise un bon démarrage et permet aux racines de s’installer rapidement en profondeur. »

 

Semis associé avec du trèfle incarnat

Les mois d’août et le début du mois de septembre constituent la période idéale pour le semis, car la température du sol est alors élevée. Un semis de printemps est également possible, à condition que la température du sol dépasse les 10 °C. Pour réduire la pression des adventices après le semis, Raoul avait associé à l’époque du trèfle incarnat à la luzerne. Ce trèfle annuel s’implante rapidement et limite le développement des mauvaises herbes. Après la première coupe, seulement 20 % du trèfle réapparaît. L’année suivante, le trèfle incarnat a complètement disparu.

La fertilisation de la luzerne est relativement simple. En février, le responsable d’exploitation épand 10 tonnes de fumier de ferme par hectare afin d’assurer l’apport en phosphore. En mars, il applique un engrais potassique issu d’un sous-produit de la fabrication d’acide citrique. Cet engrais contient non seulement du potassium, mais aussi des quantités importantes de magnésium et de soufre, essentiels à la synthèse des protéines. Aux alentours de la troisième coupe, il apporte encore 100 kg de Kali 60 par hectare. « En tant que légumineuse, la luzerne ne nécessite pas de fertilisation azotée, mais elle est très exigeante en potassium. En fractionnant les apports de potasse tout au long de la saison, on obtient les rendements les plus élevés. »

 

Septembre, mois de repos

De mai à octobre, la luzerne peut être récoltée chaque mois. En septembre toutefois, Raoul ne réalise aucune coupe. Il laisse alors la culture reconstituer ses réserves dans les racines afin de bien préparer l’hiver et garantir une bonne repousse au printemps. La cinquième et dernière récolte de l’année est effectuée en octobre. « Avec la luzerne, il faut raisonner différemment qu’avec l’herbe. Si l’on respecte cela, c’est une culture magnifique. » Cela implique notamment de ne pas faucher trop ras. « Je coupe à une hauteur de 10 centimètres. Cela permet de préserver les jeunes pousses situées à la base des tiges et d’obtenir à nouveau une récolte suffisante quatre semaines plus tard. »

Avec la luzerne, il faut raisonner différemment qu’avec l’herbe. Si l’on respecte cela, c’est une culture magnifique.

Raoul Frenken - Domaine de Ten Vorsel

 

La luzerne supporte mal le piétinement et les perturbations mécaniques. C’est pourquoi le conditionnement lors de la fauche est à proscrire. Raoul n’utilise pas le conditionneur, mais laisse néanmoins la culture passer dessus afin qu’elle soit déposée en large andain et puisse être fanée le lendemain. « Lors de l’andainage, je travaille à une vitesse relativement élevée et avec peu de tours de prise de force, afin de limiter au maximum les dommages sur la culture et de conserver les feuilles riches en protéines sur les tiges. »

 

Tournières semées en graminées

Comme Raoul utilise la luzerne comme source de structure riche en protéines en remplacement de la paille, la récolte est pressée en grosses balles. « Je ne distribue que 0,5 à 1 kg de matière sèche de luzerne par vache et par jour. C’est relativement peu. Les balles sont donc idéales. » Il recommande toutefois de renforcer l’enrubannage. « Les tiges peuvent parfois percer le film plastique. Il faut absolument éviter cela. » Afin d’obtenir un produit de qualité optimale, il demande à l’entrepreneur d’utiliser l’ensemble des couteaux de la presse afin que les tiges de luzerne ne dépassent pas 7 cm de longueur.

Le responsable d’exploitation décrit la luzerne comme une culture qui demande peu d’interventions. « Touchez-y le moins possible », prévient-il. « Limitez au maximum les passages dans les parcelles, évitez l’utilisation d’un injecteur de lisier et réfléchissez soigneusement à l’organisation des parcelles. » C’est pour cette raison qu’il a choisi d’implanter de l’herbe sur les tournières de la parcelle de luzerne. « Les tracteurs peuvent ainsi manœuvrer sans endommager la culture. » L’herbe est fauchée en même temps que la luzerne ou lors de la récolte des prairies voisines. « Je fais simplement en fonction de ce qui est le plus pratique. »

 

18,2 % de protéines brutes, NDF 385

Ce que Raoul apprécie particulièrement dans la luzerne, c’est sa résistance à la sécheresse, sa valeur alimentaire et son appétence. La récolte de cette année affiche 18,2 % de protéines brutes et une valeur NDF de 385. Il s’agit donc d’une source de structure particulièrement riche en protéines. Quant à son appétence, il en fait le constat quotidien : « Si les vaches ne mangent pas la luzerne, appelez immédiatement le vétérinaire, car il y a forcément un problème. » Outre la luzerne, la ration se compose d’herbe ou d’ensilage d’herbe, de maïs et d’orge d’hiver. L’orge remplace avantageusement une partie des concentrés et constitue une excellente culture dans une rotation ainsi qu’une culture de repos. « Après la récolte de l’orge en juillet, il est encore possible de réaliser deux coupes d’herbe. »

Lorsqu’on lui demande pour quels éleveurs laitiers la luzerne constitue une solution intéressante, Raoul est très clair : « La luzerne est particulièrement intéressante pour les agriculteurs qui produisent leurs fourrages dans un système de grandes cultures ou qui collaborent avec un exploitant agricole pour la culture de cultures d’échange ou de repos. C’est également une excellente culture pour les éleveurs plus extensifs qui souhaitent réduire leurs achats de paille tout en produisant eux-mêmes une part importante de leurs protéines. »

Packshot lucerne

 

Alfa Comfort

Avec Alfa Comfort, Barenbrug propose un mélange composé de deux types de luzerne : un type flamand offrant un rendement élevé au printemps et un type méditerranéen plus tolérant à la sécheresse et particulièrement performant en été. Cette combinaison permet une croissance plus régulière tout au long de la saison et répond mieux aux étés plus chauds et plus secs. Pour une bonne implantation, la luzerne peut être associée à 5 kg de ProtaFix, un mélange annuel de trèfles qui disparaît en grande partie après la première coupe. Une association avec 10 kg de NutriFibre favorise la densité du couvert végétal, augmente la teneur en sucres et améliore ainsi l’aptitude à l’ensilage.

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